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Sophie Milliet

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Thierry et Stéphane vont, à travers une histoire et un tour de France, vous faire découvrir les échecs sous différentes façons,
que ce soit la présentation d'un évènement, mettre en valeur un club, des joueurs, des équipes, voir même des villes.
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histoire d'un champion

Lundi 22 décembre 2008

 

Les Champions du Monde Officiels FIDE


1886 - 1894 Wilhelm STEINITZ Autriche

1894 - 1921 Emanuel LASKER Allemagne
1921 - 1927 José Raul CAPABLANCA Cuba
1927 - 1935 Alexandre ALEKHINE France
1935 - 1937 Max EUWE Pays Bas
1937 - 1946 Alexandre ALEKHINE France
1946 - 1948 * Titre vacant * --
1948 - 1957 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1957 - 1958 Vassily SMYSLOV U.R.S.S
1958 - 1960 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1960 - 1961 Mikhail TAL U.R.S.S

1961 - 1963 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1963 - 1969 Tigran PETROSSIAN U.R.S.S
1969 - 1972 Boris SPASSKY U.R.S.S
1972 - 1975 Robert FISCHER U.S.A
1975 - 1985 Anatoly KARPOV U.R.S.S
1985 - 1993 Garry KASPAROV U.R.S.S / Russie
1993 - 1999 Anatoly KARPOV Russie
1999 - 2000 Alexander KHALIFMAN Russie
2000 - 2002 Viswanathan ANAND Inde
2002 - 2004 Ruslan PONOMARIOV Ukraine
2005 - 2006 Veselin TOPALOV Bulgarie
2006 - 2007 Vladimir KRAMNIK Russie
2008-..... Viswanathan Anand


20ème Champion à l'honneur
2000 - 2002 Viswanathan ANAND Inde



Viswanathan Anand, dit « Vishy Anand » (né le 11 décembre 1969 à Chennai, Inde), est un joueur d'échecs indien. Réputé pour sa vitesse de réflexion, il devient champion du monde FIDE en 2000. Il perd son titre en 2002. Il devient champion du monde d'échecs le 29 septembre 2007 et garde son titre en battant Kramnik le 29 octobre 2008.

L'ascension d'Anand dans le monde indien des échecs a été fulgurante. Le succès national est venu tôt pour lui puisqu'il remporte le championnat d'échecs sous-junior national avec un score de 9/9 en 1983 à l'âge de 14 ans. Il devient le plus jeune Indien à gagner le titre de maître international à l'âge de 15 ans en 1984. À 16 ans, il devient champion national et gagne par la suite ce titre deux fois de plus. Il joue des parties à cadence beaucoup plus rapide que la moyenne, d'où son surnom « the blitz kid », le gosse éclair, « les échecs rapides » étant connus en Inde et ailleurs sous le terme allemand de blitz. En 1987, il devient le premier Indien à gagner le Championnat du monde d'échecs junior. À 18 ans, il est le premier grand maître international de l'Inde.

« Vishy », comme il est parfois appelé, gravit les échelons de la scène échiquéenne au début des années 1990, gagnant des tournois prestigieux comme celui de Reggio Emilia 1991 (devant Garry Kasparov et Anatoli Karpov, qui sont alors au sommet de leur forme). Cette même année, il devient lors du tournoi de Tilburg (catégorie 17), le deuxième joueur de l'histoire (après Ivanchuk) à battre dans une même compétition les deux incontestables meilleurs joueurs du moment. Jouer à un tel niveau ne le ralentit pas, et il continue à jouer en blitz.

Anand se qualifie pour le championnat du monde d'échecs classique en gagnant les matchs de candidats contre Michael Adams et Gata Kamsky. En 1995, il joue la finale contre Kasparov au World Trade Center de New York. Après une succession de huit parties nulles (un record pour l'ouverture d'un match de championnat du monde), Anand gagne la neuvième partie, mais perd alors quatre des cinq parties suivantes. Finalement, il perd le match sur le score de 10,5-7,5.

Anand joue de nombreux tournois « Advanced Chess » après que Garry Kasparov a introduit cette forme de jeu en 1998 (les joueurs se servent d'un programme d'échecs exécuté sur un ordinateur pour les aider dans leur réflexion). Il gagne trois tournois d'« Advanced Chess » consécutifs à León, Espagne, et est largement reconnu comme le meilleur joueur d'échecs avancés du monde.

Anand s'est vu attribuer l'Oscar des échecs en 1997, 1998, 2003 et 2004, devenant ainsi le troisième joueur non-russe, après le danois Bent Larsen et l'américain Bobby Fischer à remporter cette récompense attribuée par des experts et des journalistes.

En 1996, 2000 et 2004, il remporte le tournoi de Dortmund, en 2007, le tournoi d'échecs Corus (Wijk an Zee) à égalité avec Veselin Topalov avec une performance de 9/13, il est le seul joueur à avoir remporté cette épreuve cinq fois, en 1998, 2003, 2004, 2006 et 2007. Il gagne encore au tournoi de Linares en 1998, 2007 et 2008. Il remporte également le tournoi annuel Melody Amber de Monaco (parties rapides et parties à l'aveugle) en 1994, 1997, 2003, 2005 et 2006, remportant simultanément les épreuves de parties rapides et de parties à l'aveugle en 1997 et en 2005.

Le 1er avril 2007, profitant de sa victoire au tournoi de Morelia-Linarès en mars 2007, il franchit pour la première fois la barre des 2 800 au classement Elo avec 2 803 points.

Il est en octobre 2008 cinquième mondial avec 2 783 points, ce qui est son plus bas classement depuis 2000.

 

Anand gagne finalement le championnat du monde FIDE 2000 après avoir battu Alexeï Chirov 3,5 - 0,5 à Téhéran, devenant ainsi le premier Indien à remporter ce titre.

Au championnat du monde FIDE 2005, il est dominé par Veselin Topalov et finit 2e ex æquo avec le Russe Peter Svidler.

En 2007, lors du championnat du monde d'échecs à Mexico, il devient le nouveau champion du monde des échecs (à la suite de Vladimir Kramnik) dans un tournoi réunissant huit des meilleurs joueurs du monde. Il remporte ce tournoi avec 9 points sur 14 (sans aucune défaite).

En 2008, il bat en match le challenger officiel Vladimir Kramnik, sur le score de 6,5 à 4,5 soit 3 victoires, 1 défaite et 7 nulles. Sur ce match, excepté la 10e partie où Anand apparaît déconcentré, Anand apparait très bien préparé dans les ouvertures et réussit à imposer son style et amener le très solide et défensif Vladimir Kramnik sur un terrain où il n'est pas à l'aise, c'est-à-dire des positions très tendues, où le jeu combatif d'Anand peut s'exprimer.En octobre 2003, la FIDE organise un tournoi de parties rapides au Cap d'Agde, qu'elle intitule « Championnat du monde de parties rapides ». Chaque joueur dispose d'un temps de réflexion de 25 minutes plus un temps additionnel de 10 secondes par coup. En battant Vladimir Kramnik en finale, Anand remporte celui-ci devant onze des douze meilleurs joueurs du monde (seul Kasparov en était absent).


Source Wikipédia

- Par Thierry
Samedi 20 décembre 2008

 

Les Champions du Monde Officiels FIDE


1886 - 1894 Wilhelm STEINITZ Autriche

1894 - 1921 Emanuel LASKER Allemagne
1921 - 1927 José Raul CAPABLANCA Cuba
1927 - 1935 Alexandre ALEKHINE France
1935 - 1937 Max EUWE Pays Bas
1937 - 1946 Alexandre ALEKHINE France
1946 - 1948 * Titre vacant * --
1948 - 1957 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1957 - 1958 Vassily SMYSLOV U.R.S.S
1958 - 1960 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1960 - 1961 Mikhail TAL U.R.S.S

1961 - 1963 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1963 - 1969 Tigran PETROSSIAN U.R.S.S
1969 - 1972 Boris SPASSKY U.R.S.S
1972 - 1975 Robert FISCHER U.S.A
1975 - 1985 Anatoly KARPOV U.R.S.S
1985 - 1993 Garry KASPAROV U.R.S.S / Russie
1993 - 1999 Anatoly KARPOV Russie
1999 - 2000 Alexander KHALIFMAN Russie
2000 - 2002 Viswanathan ANAND Inde
2002 - 2004 Ruslan PONOMARIOV Ukraine
2005 - 2006 Veselin TOPALOV Bulgarie
2006 - 2007 Vladimir KRAMNIK Russie
2008-..... Viswanathan Anand


19ème Champion à l'honneur
2006 - 2007 Vladimir KRAMNIK Russie




Ses débuts

Fils d'un sculpteur et d'une professeur de musique, il s'initie au jeu d'échecs à l'âge de 5 ans. Il s'aguerrit au fil des années grâce à un sérieux entraînement et se distingue véritablement à l'âge de 11 ans, lorsqu'il reçoit le titre de candidat-maître et intègre l'école d'échecs de Mikhaïl Botvinnik qui était considérée comme la meilleure du monde. Sa progression est fulgurante et à 16 ans, il obtient le titre de grand maître international, sans passer par celui de maître international, un exploit rarissime.

Il remporte le championnat du monde des moins de 18 ans en 1991 et apparaît aux yeux du grand public à l'Olympiade d'échecs de 1992 à Manille, où il réalise une performance exceptionnelle (8,5/9), permettant à l'équipe de Russie de remporter la médaille d'or. Dès lors, Vladimir Kramnik était considéré comme un membre légitime du haut niveau mondial. Enfin en 1993, à l'âge de 18 ans, il devient n° 4 mondial et Garry Kasparov, alors champion du monde, prédit qu'il serait un jour champion du monde.

Ironie de l'histoire, c'est face à son mentor qu'il acquiert le titre de champion du monde « classique » en 2000 à Londres.

Durant cette décennie, Vladimir Kramnik s'ancre dans l'élite mondiale : il remporte de nombreux tournois prestigieux comme ceux de Dortmund (en 1995 avec 7 points sur 9 possibles, en 1996 avec 7/9, en 1997 avec 6,5/9 et en 1998 avec 6/9), Monaco (en 1996 avec 16 points sur 22), Linares en 2000 avec 6 sur 10 ou encore Dos Hermanas en 1996 et 1997 les deux fois avec 6 sur 9

C'est une période faste où le style de jeu de Vladimir Kramnik est très tranchant et tendu, ses parties sont extrêmement complexes. Néanmoins, son plus grand rêve est de devenir champion du monde et il comprend alors qu'un style de jeu plus universel est nécessaire pour la conquête d'un tel titre

Enfin, en l'an 2000, Garry Kasparov alors champion du monde depuis plus de 15 ans, remet son titre en jeu et Vladimir Kramnik est choisi comme étant son concurrent.

Avant tout, il faut dire que la préparation de Vladimir Kramnik pour ce match est d'un très haut niveau. Il la débute près de six mois avant le match avec de longues séances de sport intensif et d'entraînement échiquéen, un rituel presque quotidien [3]. Il choisit pour ce match une équipe de secondants composée de nombreux grands maîtres dont Evgeny Bareev.

Enfin du 8 octobre au 4 novembre 2000, il joue un match de 16 parties contre Garry Kasparov à Londres pour le championnat du monde « classique » d'échecs. La légitimité de ce match est contestée, car Kramnik perd le match des candidats (censé désigner l'adversaire de Kasparov) contre Alexei Shirov en 1998. Mais faute de sponsor, le match Kasparov-Shirov n'a jamais eu lieu. Kasparov désigne alors arbitrairement comme challenger son dauphin au classement mondial, Vladimir Kramnik.

Contre toute attente, Kramnik réussit facilement à neutraliser le jeu tactique et dynamique de Kasparov en adoptant la défense berlinoise face à l'ouverture espagnole de Kasparov et en échangeant rapidement les dames dans de nombreuses parties, il parvient à neutraliser son adversaire dans des positions calmes et positionnelles qu'il affectionne. Enfin, dans les parties où il possède les pièces blanches, Kramnik impose un jeu difficile qui lui permet de marquer deux précieuses victoires. Il remporte ainsi le match sur le score de 8,5 à 6,5 sans perdre une seule partie .

Il est aujourd'hui le seul joueur à avoir battu Kasparov en match. Mieux encore, avec cette victoire, il vient de mettre un terme à plus de 15 ans de domination de Garry Kasparov sur le monde des échecs.



Source Wikipédia

- Par Thierry
Samedi 20 décembre 2008


Les Champions du Monde Officiels FIDE


1886 - 1894 Wilhelm STEINITZ Autriche

1894 - 1921 Emanuel LASKER Allemagne
1921 - 1927 José Raul CAPABLANCA Cuba
1927 - 1935 Alexandre ALEKHINE France
1935 - 1937 Max EUWE Pays Bas
1937 - 1946 Alexandre ALEKHINE France
1946 - 1948 * Titre vacant * --
1948 - 1957 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1957 - 1958 Vassily SMYSLOV U.R.S.S
1958 - 1960 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1960 - 1961 Mikhail TAL U.R.S.S

1961 - 1963 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1963 - 1969 Tigran PETROSSIAN U.R.S.S
1969 - 1972 Boris SPASSKY U.R.S.S
1972 - 1975 Robert FISCHER U.S.A
1975 - 1985 Anatoly KARPOV U.R.S.S
1985 - 1993 Garry KASPAROV U.R.S.S / Russie
1993 - 1999 Anatoly KARPOV Russie
1999 - 2000 Alexander KHALIFMAN Russie
2000 - 2002 Viswanathan ANAND Inde
2002 - 2004 Ruslan PONOMARIOV Ukraine
2005 - 2006 Veselin TOPALOV Bulgarie
2006 - 2007 Vladimir KRAMNIK Russie
2008-..... Viswanathan Anand


18ème Champion à l'honneur
2005 - 2006 Veselin TOPALOV Bulgarie




Veselin Topalov a appris à jouer aux échecs à 8 ans avec son père. Il est devenu champion du monde des moins de 14 ans en 1989 à Aguadilla, à Porto Rico et deuxième en 1990 du championnat du monde des moins de 16 ans à Singapour. Il est devenu grand maître international (GMI) en 1992.

Il est le capitaine de l'équipe bulgare depuis 1994, année où elle a fini 4e à l'Olympiade d'échecs à Moscou.

En 2005, il est deuxième meilleur joueur mondial derrière Garry Kasparov.

Au printemps 2005, il remporte le tournoi d'échecs de Sofia devant les autres meilleurs grands maîtres internationaux, puis termine premier ex-æquo du tournoi de Linares, battu au départage par Kasparov (même s'il l'emporte dans la partie qui les a opposés).

En octobre 2005, il remporte le titre de Champion du monde FIDE, en terminant seul premier du tournoi à 8 tenu à San Luis en Argentine, avec 10 points sur 14 possibles, soit une performance impressionnante de 2 892 points Elo pour ce tournoi.

Au classement Elo de janvier 2006, il devient le troisième joueur de l'histoire à passer la barre des 2 800 points, avec 2801.

Au classement Elo d'avril 2006, il devient numéro un mondial avec 2 804 à la suite du retrait de Garry Kasparov des listes officielles. En juillet 2006, son Elo atteint 2 813, devenant ainsi le second joueur le plus haut classé de tous les temps, derrière les 2 851 points de Garry Kasparov.

Son entraîneur et manager est Silvio Danailov, maître international d'échecs.

Lors du match de réunification des champions du monde FIDE et classique en 2006, il perd son titre de champion du monde FIDE contre Vladimir Kramnik.



Source Wikipédia


- Par Thierry
Mardi 16 décembre 2008


Les Champions du Monde Officiels FIDE


1886 - 1894 Wilhelm STEINITZ Autriche

1894 - 1921 Emanuel LASKER Allemagne
1921 - 1927 José Raul CAPABLANCA Cuba
1927 - 1935 Alexandre ALEKHINE France
1935 - 1937 Max EUWE Pays Bas
1937 - 1946 Alexandre ALEKHINE France
1946 - 1948 * Titre vacant * --
1948 - 1957 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1957 - 1958 Vassily SMYSLOV U.R.S.S
1958 - 1960 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1960 - 1961 Mikhail TAL U.R.S.S

1961 - 1963 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1963 - 1969 Tigran PETROSSIAN U.R.S.S
1969 - 1972 Boris SPASSKY U.R.S.S
1972 - 1975 Robert FISCHER U.S.A
1975 - 1985 Anatoly KARPOV U.R.S.S
1985 - 1993 Garry KASPAROV U.R.S.S / Russie
1993 - 1999 Anatoly KARPOV Russie
1999 - 2000 Alexander KHALIFMAN Russie
2000 - 2002 Viswanathan ANAND Inde
2002 - 2004 Ruslan PONOMARIOV Ukraine
2005 - 2006 Veselin TOPALOV Bulgarie
2006 - 2007 Vladimir KRAMNIK Russie
2008-..... Viswanathan Anand


17ème Champion à l'honneur
2002 - 2004 Ruslan PONOMARIOV Ukraine



Ruslan Ponomariov (né le 11 octobre1983 à Gorlovka, Ukraine est un grand maître international du jeu d'échecs et fut le champion du monde FIDE en 2002.En 1996, à 12 ans seulement, il devient champion d'Europe des moins de 18 ans et en 1997 il est champion du monde des moins de 18 ans. Il obtient le titre de grand maître international en 1998, à l'âge de 14 ans. À l'époque, il est le plus jeune grand maître international (GMI) de tous les temps.

En 2002, il bat son compatriote Vasily Ivanchuk en finale du championnat du monde de la Fédération internationale des échecs (FIDE) sur le score de 4,5-2,5. À 18 ans, il devient le plus jeune champion du monde de l'histoire du jeu d'échecs. La même année, il termine deuxième au très fort tournoi de Linares derrière Garry Kasparov.

Un match contre Kasparov devait être organisé en septembre 2003 à Yalta, dans le cadre du processus de réunification du championnat du monde . Après de nombreux rebondissements, Ponomariov refuse de signer son contrat et le match est annulé. Il conserve son titre de champion du monde jusqu'à ce que Roustam Kassymdjanov remporte le championnat suivant en 2004.

En 2005, il se classe deuxième à la coupe du monde de la FIDE, perdant en finale contre Levon Aronian.

En octobre 2008, il est 22e joueur mondial avec un classement Elo de 2 719.


Source Wikipédia

- Par Thierry
Dimanche 14 décembre 2008

 

Les Champions du Monde Officiels FIDE


1886 - 1894 Wilhelm STEINITZ Autriche

1894 - 1921 Emanuel LASKER Allemagne
1921 - 1927 José Raul CAPABLANCA Cuba
1927 - 1935 Alexandre ALEKHINE France
1935 - 1937 Max EUWE Pays Bas
1937 - 1946 Alexandre ALEKHINE France
1946 - 1948 * Titre vacant * --
1948 - 1957 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1957 - 1958 Vassily SMYSLOV U.R.S.S
1958 - 1960 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1960 - 1961 Mikhail TAL U.R.S.S

1961 - 1963 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1963 - 1969 Tigran PETROSSIAN U.R.S.S
1969 - 1972 Boris SPASSKY U.R.S.S
1972 - 1975 Robert FISCHER U.S.A
1975 - 1985 Anatoly KARPOV U.R.S.S
1985 - 1993 Garry KASPAROV U.R.S.S / Russie
1993 - 1999 Anatoly KARPOV Russie
1999 - 2000 Alexander KHALIFMAN Russie
2000 - 2002 Viswanathan ANAND Inde
2002 - 2004 Ruslan PONOMARIOV Ukraine
2005 - 2006 Veselin TOPALOV Bulgarie
2006 - 2007 Vladimir KRAMNIK Russie
2008-..... Viswanathan Anand


16ème Champion à l'honneur
2000 - 2002 Viswanathan ANAND Inde



Viswanathan Anand, dit « Vishy Anand » (né le 11 décembre 1969 à Chennai, Inde), est un joueur d'échecs indien. Réputé pour sa vitesse de réflexion, il devient champion du monde FIDE en 2000. Il perd son titre en 2002. Il devient champion du monde d'échecs le 29 septembre 2007 et garde son titre en battant Kramnik le 29 octobre 2008.

L'ascension d'Anand dans le monde indien des échecs a été fulgurante. Le succès national est venu tôt pour lui puisqu'il remporte le championnat d'échecs sous-junior national avec un score de 9/9 en 1983 à l'âge de 14 ans. Il devient le plus jeune Indien à gagner le titre de maître international à l'âge de 15 ans en 1984. À 16 ans, il devient champion national et gagne par la suite ce titre deux fois de plus. Il joue des parties à cadence beaucoup plus rapide que la moyenne, d'où son surnom « the blitz kid », le gosse éclair, « les échecs rapides » étant connus en Inde et ailleurs sous le terme allemand de blitz. En 1987, il devient le premier Indien à gagner le Championnat du monde d'échecs junior. À 18 ans, il est le premier grand maître international de l'Inde.

« Vishy », comme il est parfois appelé, gravit les échelons de la scène échiquéenne au début des années 1990, gagnant des tournois prestigieux comme celui de Reggio Emilia 1991 (devant Garry Kasparov et Anatoli Karpov, qui sont alors au sommet de leur forme). Cette même année, il devient lors du tournoi de Tilburg (catégorie 17), le deuxième joueur de l'histoire (après Ivanchuk) à battre dans une même compétition les deux incontestables meilleurs joueurs du moment. Jouer à un tel niveau ne le ralentit pas, et il continue à jouer en blitz.

Anand se qualifie pour le championnat du monde d'échecs classique en gagnant les matchs de candidats contre Michael Adams et Gata Kamsky. En 1995, il joue la finale contre Kasparov au World Trade Center de New York. Après une succession de huit parties nulles (un record pour l'ouverture d'un match de championnat du monde), Anand gagne la neuvième partie, mais perd alors quatre des cinq parties suivantes. Finalement, il perd le match sur le score de 10,5-7,5.

Anand joue de nombreux tournois « Advanced Chess » après que Garry Kasparov a introduit cette forme de jeu en 1998 (les joueurs se servent d'un programme d'échecs exécuté sur un ordinateur pour les aider dans leur réflexion). Il gagne trois tournois d'« Advanced Chess » consécutifs à León, Espagne, et est largement reconnu comme le meilleur joueur d'échecs avancés du monde.

Anand s'est vu attribuer l'Oscar des échecs en 1997, 1998, 2003 et 2004, devenant ainsi le troisième joueur non-russe, après le danois Bent Larsen et l'américain Bobby Fischer à remporter cette récompense attribuée par des experts et des journalistes.

En 1996, 2000 et 2004, il remporte le tournoi de Dortmund, en 2007, le tournoi d'échecs Corus (Wijk an Zee) à égalité avec Veselin Topalov avec une performance de 9/13, il est le seul joueur à avoir remporté cette épreuve cinq fois, en 1998, 2003, 2004, 2006 et 2007. Il gagne encore au tournoi de Linares en 1998, 2007 et 2008. Il remporte également le tournoi annuel Melody Amber de Monaco (parties rapides et parties à l'aveugle) en 1994, 1997, 2003, 2005 et 2006, remportant simultanément les épreuves de parties rapides et de parties à l'aveugle en 1997 et en 2005.

Le 1er avril 2007, profitant de sa victoire au tournoi de Morelia-Linarès en mars 2007, il franchit pour la première fois la barre des 2 800 au classement Elo avec 2 803 points.

Il est en octobre 2008 cinquième mondial avec 2 783 points, ce qui est son plus bas classement depuis 2000.

 

Anand gagne finalement le championnat du monde FIDE 2000 après avoir battu Alexeï Chirov 3,5 - 0,5 à Téhéran, devenant ainsi le premier Indien à remporter ce titre.

Au championnat du monde FIDE 2005, il est dominé par Veselin Topalov et finit 2e ex æquo avec le Russe Peter Svidler.

En 2007, lors du championnat du monde d'échecs à Mexico, il devient le nouveau champion du monde des échecs (à la suite de Vladimir Kramnik) dans un tournoi réunissant huit des meilleurs joueurs du monde. Il remporte ce tournoi avec 9 points sur 14 (sans aucune défaite).

En 2008, il bat en match le challenger officiel Vladimir Kramnik, sur le score de 6,5 à 4,5 soit 3 victoires, 1 défaite et 7 nulles. Sur ce match, excepté la 10e partie où Anand apparaît déconcentré, Anand apparait très bien préparé dans les ouvertures et réussit à imposer son style et amener le très solide et défensif Vladimir Kramnik sur un terrain où il n'est pas à l'aise, c'est-à-dire des positions très tendues, où le jeu combatif d'Anand peut s'exprimer.En octobre 2003, la FIDE organise un tournoi de parties rapides au Cap d'Agde, qu'elle intitule « Championnat du monde de parties rapides ». Chaque joueur dispose d'un temps de réflexion de 25 minutes plus un temps additionnel de 10 secondes par coup. En battant Vladimir Kramnik en finale, Anand remporte celui-ci devant onze des douze meilleurs joueurs du monde (seul Kasparov en était absent).


Source Wikipédia


- Par Thierry
Mercredi 10 décembre 2008

 

Les Champions du Monde Officiels FIDE


1886 - 1894 Wilhelm STEINITZ Autriche

1894 - 1921 Emanuel LASKER Allemagne
1921 - 1927 José Raul CAPABLANCA Cuba
1927 - 1935 Alexandre ALEKHINE France
1935 - 1937 Max EUWE Pays Bas
1937 - 1946 Alexandre ALEKHINE France
1946 - 1948 * Titre vacant * --
1948 - 1957 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1957 - 1958 Vassily SMYSLOV U.R.S.S
1958 - 1960 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1960 - 1961 Mikhail TAL U.R.S.S

1961 - 1963 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1963 - 1969 Tigran PETROSSIAN U.R.S.S
1969 - 1972 Boris SPASSKY U.R.S.S
1972 - 1975 Robert FISCHER U.S.A
1975 - 1985 Anatoly KARPOV U.R.S.S
1985 - 1993 Garry KASPAROV U.R.S.S / Russie
1993 - 1999 Anatoly KARPOV Russie
1999 - 2000 Alexander KHALIFMAN Russie
2000 - 2002 Viswanathan ANAND Inde
2002 - 2004 Ruslan PONOMARIOV Ukraine
2005 - 2006 Veselin TOPALOV Bulgarie
2006 - 2007 Vladimir KRAMNIK Russie
2008-..... Viswanathan Anand

1993 - 1999 Anatoly KARPOV Russie


15ème Champion à l'honneur
1999 - 2000 Alexander KHALIFMAN Russie





Né le 18 janvier 1966 à Leningrad (URSS). Il devînt champion du monde en 1999. Il bénéficia d'un changement des règles du championnat. Le match traditionnel des candidats puis du gagnant avec l'ancien champion du monde, fut remplacé par un tournoi à élimination à chaque tour (comme en Tennis). L'ancienne formule n'était peut-être pas parfaite, mais il n'est pas certain que la nouvelle détermine le meilleur des joueurs. Il perdit le titre en 2000.




- Par Thierry
Mardi 9 décembre 2008

 

Les Champions du Monde Officiels FIDE


1886 - 1894 Wilhelm STEINITZ Autriche

1894 - 1921 Emanuel LASKER Allemagne
1921 - 1927 José Raul CAPABLANCA Cuba
1927 - 1935 Alexandre ALEKHINE France
1935 - 1937 Max EUWE Pays Bas
1937 - 1946 Alexandre ALEKHINE France
1946 - 1948 * Titre vacant * --
1948 - 1957 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1957 - 1958 Vassily SMYSLOV U.R.S.S
1958 - 1960 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1960 - 1961 Mikhail TAL U.R.S.S

1961 - 1963 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1963 - 1969 Tigran PETROSSIAN U.R.S.S
1969 - 1972 Boris SPASSKY U.R.S.S
1972 - 1975 Robert FISCHER U.S.A
1975 - 1985 Anatoly KARPOV U.R.S.S
1985 - 1993 Garry KASPAROV U.R.S.S / Russie
1993 - 1999 Anatoly KARPOV Russie
1999 - 2000 Alexander KHALIFMAN Russie
2000 - 2002 Viswanathan ANAND Inde
2002 - 2004 Ruslan PONOMARIOV Ukraine
2005 - 2006 Veselin TOPALOV Bulgarie
2006 - 2007 Vladimir KRAMNIK Russie
2008-..... Viswanathan Anand



13ème champion à l'honneur
1985 - 1993 Garry KASPAROV U.R.S.S / Russie





Son nom est Garry Weinstein, mais il a repris la nom de sa mère, Kasparian en le russifiant.

Joueur d'échecs, considéré par beaucoup comme le meilleur joueur de tous les temps (après, avec ou devant (au choix) Bobby Fischer qu'il n'a jamais rencontré). Il a en tout cas le plus fort ELO (cotation qui permet de classer les joueurs d'échecs entre eux) en étant le 1er joueur à dépasser les 2800.

Il tenta de prendre le titre de champion du match lors du match interrompu de 1984 contre Anatoly Karpov. Mais c'est en 1985 lors du deuxième match qu'il devînt champion du monde, à l'âge de 22 ans.Il le garda à nouveau contre Karpov, en 1986, 1987 et 1990.

En 1992, il se brouille avec la FIDE pour des raisons financières et politiques. Il est exclu et créé donc une association de joueurs professionnels de haut niveau, la GMA (Great Master Association), qui doit organiser un championnat du monde bis. On se retrouva donc comme en Boxe avec plusieurs champions.

Il obtint donc son titre de champion du monde GMA en 1993 en battant en match le britannique Nigel Short. En 1995, il battit l'indien Viswanathan Anand. Puis son association battit de l'aile, il en créa une autre, la PCA, puis c'est une organisation privée qui reprit le championnat du monde bis. A la grande surprise de tous, il perdit contre Vladimir Kramnik en 2000. Les 2 titres devraient probablement être réunifiés en 2003.

En 1988, pour la première fois, commentateur d'échecs et professeur des mathématiques de l'université de Vancouver, Nathan Divinsky, a exécuté un programme machine qu'il avait conçu pour analyser une vaste collection de statistiques d'échecs, afin de créer un rang "All Time" des joueurs d'échecs dans toute l'histoire du jeu. Garry est apparu alors très largement premier dans la liste devant Karpov, Capabanca, Lasker, Fischer, Alekhine et tous les autres, et reste en même position aujourd'hui.


La force de Garry s'est développée au point où il y avait peu de gens dans le monde contre qui il était possible de jouer un match sans en subir une lourde défaite.


En octobre 1989, Garry a été invité en Amérique à jouer un match contre "Deep Thougt", alors l'ordinateur d'échecs le plus fort dans le monde. Il a battu le monstre de technologie en moins de 41 coups !

Il a également gagné le tournoi le plus fort du monde, celui de Linares, et de cette manière a défait chacun des quatre des défis potentiels pour le championnat 1993 du monde.
Bien qu'à seulement 30 ans, Garry ait déjà écrit l'histoire de sa vie jusqu'ici. Le livre, à l'origine intitulé "enfant de changement" et écrit en même temps que le rédacteur Donald Trelford d'observateur, a été édité en Angleterre, en France, en Allemagne, aux Etats-Unis, en Italie, en Espagne, en Hollande et beaucoup d'autres pays dans le monde entier. La deuxième édition s'appelle "le défi illimité" et le livre est une analyse fascinanter de la politique d'échecs à l'intérieur et en dehors de l'URSS.
En même temps, c'était le premier livre écrit par un résidant soviétique qui donne une image véritablement précise des contrastes entre la vie dans la vieille ère de l'union Soviétique de Brezhnev et la vie durant la Glasnost de Gorbachev, le règne de la "perestroika".

Avec une expérience unique d'être un citoyen soviétique qui était un héros national à la maison et a en même temps eu la liberté illimitée de voyager et la possibilié de gagner de l'argent dans l'ouest, le livre est un vrai paradoxe.


Depuis 1989, Garry développait un intérêt croissant pour la politique.Il a entamé une véritable croisade contre le régime communiste en URSS.

Avec son don pour l'analyse, il pouvait prévoir la chute du mur de Berlin, le reunification de l'Allemagne et la fin du communisme dans les pays de Bloc oriental. Son profil élevé dans le monde a signifié qu'il a été invité à présenter ses observations sur des affaires et la politique soviétiques du monde à de hauts dignitaires tels qu'Henry Kissinger, Dick Cheney, Colin Powell, brent Scowcroft, ministres européens de gouvernement, et le Parlement européen. Il est également devenu un rédacteur du Wall Street journal et conseiller de Russie à la Présidence d'une des plus grandes banques suisses.

En 1990 il est devenu le Co-fondateur du mouvement politique démocratique de la Russie et a aidé l'élection du nouveau président : Boris Yeltsin .

Son activité politique a continué et il est étroitement lié au jeune groupe radical de ministres dans le gouvernement de Yeltsin.
Garry a des accords commerciaux avec Saitek (ordinateurs d'échecs), Guigou (pièces et jeux d'échecs), et Electronic Arts (logiciel d'échecs).

Il est un directeur du groupe de Muscovy des compagnies et du fondateur de la première compagnie privée d'actionnaire en Russie depuis la révolution. Il est également engagé dans plusieurs actions caritatives et a créé la Fondation Kasparov à Moscou (encore, la première fondation privée depuis la révolution).

Entre autre, il favorise l'utilisation des échecs dans les écoles comme sujet éducatif et a installé l'académie internationale d'échecs de Kasparov.
Il est un orateur régulier d'invité aux conférences internationales telles que le forum économique du monde chez Davos et le Cursos de Verrano à Madrid.

 


Extraits tirés de l'article Europe-Echecs, janvier 2002, Darko Anic

- Par Thierry
Vendredi 5 décembre 2008

 

Les Champions du Monde Officiels FIDE


1886 - 1894 Wilhelm STEINITZ Autriche

1894 - 1921 Emanuel LASKER Allemagne
1921 - 1927 José Raul CAPABLANCA Cuba
1927 - 1935 Alexandre ALEKHINE France
1935 - 1937 Max EUWE Pays Bas
1937 - 1946 Alexandre ALEKHINE France
1946 - 1948 * Titre vacant * --
1948 - 1957 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1957 - 1958 Vassily SMYSLOV U.R.S.S
1958 - 1960 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1960 - 1961 Mikhail TAL U.R.S.S

1961 - 1963 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1963 - 1969 Tigran PETROSSIAN U.R.S.S
1969 - 1972 Boris SPASSKY U.R.S.S
1972 - 1975 Robert FISCHER U.S.A
1975 - 1985 Anatoly KARPOV U.R.S.S
1985 - 1993 Garry KASPAROV U.R.S.S / Russie
1993 - 1999 Anatoly KARPOV Russie
1999 - 2000 Alexander KHALIFMAN Russie
2000 - 2002 Viswanathan ANAND Inde
2002 - 2004 Ruslan PONOMARIOV Ukraine
2005 - 2006 Veselin TOPALOV Bulgarie
2006 - 2007 Vladimir KRAMNIK Russie
2008-..... Viswanathan Anand


12ème Champion à l'honneur
1975 - 1985 Anatoly KARPOV U.R.S.S




Botvinnik, qui avait jalousement conservé le sceptre mondial pour lui-même et pour son pays durant 15 longues années, trouva "l'oiseau rare" à Zlatoust, dans l'Oural. Un petit garçon malingre, fluet, faisait preuve d'une maturité exceptionnelle pour son âge. Il calculait les variantes avec une rapidité stupéfiante et possédait une lucidité de vieux briscard dans le jugement des positions. Nous étions en 1964, Anatoly Karpov avait 13 ans, une froide détermination et une ambition inversement proportionnelle à sa taille.

Botvinnik, "Monsieur Echecs de l'URSS" donna les directives adéquates pour faire pousser puis éclore le jeune talent.

Le premier succès de Karpov fut aussi tardif que sa consécration fut précoce.

Pendant longtemps on préserva Karpov des tournois qualificatifs au championnat d'URSS, considéré par beaucoup comme étant plus difficle que le championnat du monde. ces tournois difficiles, acharnés, sans merci, ont usé prématurément plus d'un jeune espoir soviétique. Karpov fut soumis à un régime de "champion-éprouvette", made in Soviet Union.

A l'âge de 16 ans Karpov devenait champion d'Europe permirent pas Junior à Groningen. Les 3 années suivantes ne aux observateurs accidentaux de se rendre compte des progrès de Karpov. Supervisé par Botvinnik l'entrainement du jeune champion était intense, méthodique, programmé.

Botvinnik annonçait la participation de son jeune poulain au prochain championnat du monde Junior à Sockholm. En le gagnant, Karpov obtint du même coup le titre de maître international. L'année suivante il obtenait les gallons de grand-maître international. Les progrès étaient rapides, plus rapides que prévus.

Anatoly Karpov déménagea et vint poursuivre ses études d'économie à l'Université de Leningrad. Semyon Furman fut chargé de son entrainement échiquéen. Théoricien patenté et grand maitre de première force, Furman sut faire mûrir le style de Karpov et lui donner une plus grande solidité dans le répertoire des ouvertures, principalement avec les pièces noires.

La régularité des résultats de Karpov prouvaient qu'il possède, malgré son apparence physique, de hautesqualités sportives : résistance, combativité, sang-froid, vitesse de décision... Techniquement, son jeu s'était également amélioré.

Sa grande force consiste en une lucidité extraordianire lui permettant, au moment inattendu, d'opérer une série d'échanges et de gagner la fin de partie grâce à une plus grande liberté de mouvement, conséquence de l'avantage d'espace initial. Plus la position semble simple, plus l'échiquier se vide de matériel, plus Karpov est dangereux.

En 1971, au Mémorial Alekhine de Moscou Stein partagea la première place avec le nouveau venu Karpov (pas moins de 4 champions du monde prenaient part à la compétition : Spassky, Petrossian, Tal et Smyslov). Le "champion éprouvette" bouleversait les donnés scientifiques.

Karpov confirma la même année à Hastings où il partagea la 1ère place avec Korchnoi, puis à san Antonio ex-aequo cette fois avec Portisch et Petrossian.

Que Bobby Fischer ait les Blancs ou les Noirs, il est en quête perpetuelle de la victoire, même au prix de risques. Karpov semble avoir adopté la tactique moins attractive : gagner avec les Blancs, faire nulle avec les Noirs.

Avant de faire son entrée dans le cycle éliminatoire du championnat du monde, Karpov fut envoyé au tournoi de Madrid avec Furman. Les spectateurs espagnols ne furent pas déçus par la nouvelle star.

En 1973, pour le championnat du monde, Karpov se qualifia pour les 1/2 de finales face à Poulougaïevsky. Il rencontre Spassky. La fin du match fut un véritable cauchemard pour Spassky. Karpov joua la finale contre Korchnoi. Expert dans la manière de geler le jeu, Karpov ne laissa pas se créer le plus petit déséquilibre. Devant des millions de soviétiques, à la fin du mois de novembre 1974, Anatoly Karpov, 23 ans, devenait le challenger officiel de Robert Fischer.

En juin 1974, un télégramme de Bobby Fischer parvint à la FIDE afin d'annoncer qu'il abandonnait son titre (La FIDE n'ayant pas accepté les exigences de Fischer). Le 24 avril 1975 Max Euwe, président de la FIDE, proclamait Anatoly Karpov champion du monde.

le nouveau champion du monde enchaine alors les victoires. Son style n'emballe pas les foules, mais est diablement efficace. A la manière de Capablanca, Karpov prend l'avantage doucement, mais sûrement. Beaucoup le compare à une machine, raisonnant froidement, objectivement, sans recherche esthétique.

1978, il défendit son titre contre Kortchnoï qui depuis 1976 avait quitté l'URSS. Le match prit des allures science-fictionnesques, Karpov utilisant les services d'un para-psychologue..., des yogis vinrent pour aider Kortchnoï... Le match dura 3 mois.
Ils remirent cela en 1981 avec un match plus court et qui vit encore la défaite de Kortchnoï.

1984, il rencontra Garry Kasparov dans un match marathon (le match s'arrête au premier qui obtient 6 victoires, les parties nulles ne comptent pas). Ils restèrent très longtemps à 5-0 puis 5-1, mais quand Kasparov remonta à 5-3, le match fut interrompu (au bout de 5 mois). On accusa le président de la FIDE, M. Campomanes de protéger Karpov.


1985, second match qui vit la victoire de Kasparov. Karpov tenta par 2 fois de récupérer la couronne, en 1987, match avec égalité qui favorisait donc le tenant du titre et en 1990 où il perdit.

 

 

En 1993, il put récupérer le titre, comme en 1975, Garry Kasparov se fachant avec la FIDE et créant un championnat du monde "parallèle". Il le garda jusqu'en 1999 qui vit un nouveau type de tournoi pour déterminer le titre, non plus un match entre le champion et un candidat mais un tournoi style coupe à élimination à chaque tour

 


Extraits tirés du livre "La fabuleuse histoire des champions d'echecs", Nicolas Giffard



TH.G


- Par Thierry
Mardi 2 décembre 2008

 

Les Champions du Monde Officiels FIDE


1886 - 1894 Wilhelm STEINITZ Autriche

1894 - 1921 Emanuel LASKER Allemagne
1921 - 1927 José Raul CAPABLANCA Cuba
1927 - 1935 Alexandre ALEKHINE France
1935 - 1937 Max EUWE Pays Bas
1937 - 1946 Alexandre ALEKHINE France
1946 - 1948 * Titre vacant * --
1948 - 1957 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1957 - 1958 Vassily SMYSLOV U.R.S.S
1958 - 1960 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1960 - 1961 Mikhail TAL U.R.S.S

1961 - 1963 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1963 - 1969 Tigran PETROSSIAN U.R.S.S
1969 - 1972 Boris SPASSKY U.R.S.S
1972 - 1975 Robert FISCHER U.S.A
1975 - 1985 Anatoly KARPOV U.R.S.S
1985 - 1993 Garry KASPAROV U.R.S.S / Russie
1993 - 1999 Anatoly KARPOV Russie
1999 - 2000 Alexander KHALIFMAN Russie
2000 - 2002 Viswanathan ANAND Inde
2002 - 2004 Ruslan PONOMARIOV Ukraine
2005 - 2006 Veselin TOPALOV Bulgarie
2006 - 2007 Vladimir KRAMNIK Russie
2008-..... Viswanathan Anand


11ème Champion à l'honneur

1972 - 1975 Robert FISCHER U.S.A

 

 

 

Ses parents divorcèrent quand il entrait dans sa 2ème année d'existenxe et il ne connut pratiquement plus son père, un physicien originaire de Berlin. Sa mère, née Regina Wender, suissesse, emmena ses 2 enfants successivement en Oregon, en Arizona et en Californie avant de se fixer à Brooklyn dans la banlieue de New-York

Joan Fischer eut la bonne idée, un jour de 1949, d'aller acheter au drugstore du bas de la rue un nouveau jouet pour son frère : un jeu d'Echecs. Fut-ce le coup de foudre ? On sait seulement que ce n'est qu'à l'âge de 8 ans (âge tardif si on le compare à Capablanca) que Bobby eut son premier contact avec les Echecs officiels.

A l'école Bobby ne représentait pas le modèle que l'on cite en exemple à toute la classe. Il n'en faisaiy qu'à sa tête. Doué certes mais incapable de s'intéresser aux matières étudiées, Bobby fournissait le travail minimum pour ne pas avoir d'ennuis.

Un phénomène frappa les professeurs de Bobby : un sens anormalement développé de la compétition. A n'importe quel jeu Bobby se devait de gagner. La perte d'une partie de ping-pong pouvait le mettre dans une rage fole. Ses dons pour les Echecs lui permirent d'être très vite le meilleur joueur de son école et, comme tous les enfants le font, il eut vite tendance à s'interesser exclusivement au domaine auquel il se sent le plus fort.

Contrairement à Capablanca ou Reshevsky, le petit Fischer ne passa pas rapidement du stade de débutant à celui de maître d'Echecs. Quand Bobby eut 12 ans le maître new-yorkais John Collins l'encouragea à aller disputer le championnat junior des Etats-Unis à Lincoln dans le Nebraska. Il termina 20ème sur 25. L'année suivante, il tenta de nouveau sa chance. Stupéfaction. Bobby Fischer, 13 ans, devançait tous les teenagers trop sûrs d'eux et obtenait son premier titre officiel. de retour au lycée, Bobby s'installa au fond de la classe et commença une lecture assidue des revues d'Echecs. La coupure avec l'éducation traditionnelle fut totale 3ans plus tard. Bobby claqua la porte du lycée de Brooklin et déclara : "Toutes les balivernes qu'ils m'enseignent ne me serviront jamais à rien ! "

Cette phrase ne sortait pas de la bouche d'un enfant en colère, mais de celle du champion des Etats-Unis Toutes Catégories du jeu.

L'événement s'était produit à la fin de l'année 1957. Reshevsky, vainqueur de l'année précédente, et archi-favori cette fois encore, fut relégué à la 2ème place, à 1 point du phénomène. Bobby ne perdit aucune partie. Outre ses dons de calculateur, il possédait un sang-froid exceptionnel chez un gamin de 14 ans

A 16 ans Bobby quitta non seulement l'école, mais aussi sa mère, et commença, avec ses premiers revenus de joueur professionnel, d'habiter à l'hotel.

L'emploi du temps de Fischer était désormais très simple. Ou bien il se trouvait devant l'échiquier à jouer un tournoi, ou bien, il se trouvait devant l'échiquier dans sa chambre d'hotel à étudier la théorie, à analyser telle ou telle variante.

Hormis quelques joueurs d'Echecs (suffisamment forts pour que Bobby ait quelque considération pour eux), Fischer n'avait pas d'amis. Pas de place non plus pour les femmes dans cette communion avec les Echecs. Il avouera plus tard, éprouver une véritable jouissance en sentant le moment où l'entagoniste voit se profiler la défaite, où son "égo" est anéanti", suivant ses propres termes.

Bobby ne tarda pas à connaitre ses ennemis. Son ascension correspondit à l'ère-Botvinnik, et à l'hégémonie totale des grands maîtres soviétiques sur l'arène internationale. Il faudrait donc les abattre ! Seul contre tout un système Fischer n'a jamis ménagé ses critiques envers les joueurs de l'Est.

L'ascension vers le championnat du monde sembla irrésistible jusqu'en 1962 (victoire à Stockholm). C'était déjà un homme sûr de lui, vêtu de manière irréprochable. Il collectionnait les smokings et conserva cette passion vestimentaire tout au long de sa carrière.

Il ne put rien contre la coalition soviétique lors du Tournoi des Candidats, et c'est Petrossian qui se qualifiait pour rencontrer Botvinnik.

Ce piètre résultat constitua une douche froide pour Bobby. Déçu, écoeuré même, il ne mâcha pas ses mots dans sa critique envers les joueurs soviétiques. "Les russes trichent. Ils ont sclérosé le mondes Echecs. Je refuse cette formule du championnat du monde qui permet aux russes de jouer en équipe. Je ne participerai plus jamais à un tournoi des Candidats".

Jusqu'en 1965 Robert Fischer disparut de l'arene internationale.

Les protestations de Bobby ne restèrent pas lettre morte. La FIDE changea le réglement du Tournoi des Candidats, empêchant tout entraide nationale entre les compétiteurs. Néanmoins Fischer "bouda" le cycle du championnat du monde e 1965.

Bobby voyait au Mémorial Capablanca à la Havane, l'occasion de faire sa grande rentrée. Le Département d'Etat Américain avait un autre avis et l'interdit de fouler le sol cubain. Celui-ci eut l'étonnante idée de jouer ce tournoi de New-York par liaison télex. Il termina 2ème.

Avant de disparaitre une nouvelle fois pour 2 ans Bobby montrait, qu'il était le "vrai" n°1 en remportant 4 tournois en 67 et 68.

Pendant que Spassky triomphait de Petrossian et devenait champion du monde, Bobby restait dans l'ombre.

La question était dans tous les esprits : Que donnerait la confrontation de l'URSS, contre le reste du monde ?

"Le match du siècle" commença début 1970 à Belgrade. Si l'URSS, favorite logique, finit par l'emporter, ce fut avec la marge la plus étroite.

Les yeux du public échiquéen se tournaient désormais vers celui qui pourrait détraquer "la machine à gagner soviétique", Robert Fischer.

Petrossian et Fischer s'accordèrent pour s'affronter en demi finale à Buenos Aires en Octobre 71.

Bobby fit souffrir les organisateurs argentins. La lumière trop accrue à son goût, dut etre changée. Il faudra aussi installer l'air conditionné, les spectateurs ne devront pas se trouver à moins de 10 mètres de l'échiquier, aucune photographie ne pourra être prise durant la partie. Toutes ces exigences achevèrent d'electrifier l'ambiance de ce match.

Fischer remporta le macth.

Jamais une compétition d'Echecs ne connut plus de publicité que la finale du championnat du monde 1972 entre le soviétique Boris Spassky et l'américain Robert James Fischer.

Le monde entier les considérait comme les fers de lance intellectuels représentant chacun un type de culture différent. Au summum de leur force Spassky et Fischer étaient sans nul doute les 2 plus forts joueurs du monde.

Depuis 1970 Bobby avait écrasé tous les opposants... sauf Spassky. Ils s'étaient rencontrés 5 fois. Spassky l'avait emporté 3 fois et les 2 autres parties furent nulles.

Après de multiples péripéties liées à l'organisation et au lieu de cet évennement, le match était prévu le 2 juillet 1972 à Reykjavik.

Spassky arriva le 20 juin. Les jours passaient et Fischer ne donnait toujours pas signe de vie. Le 2 juillet arriva, sans Fischer.

Fischer, par télégramme de ses médecins, demandent un report de 2 jours puis fit connaitre une nouvelle exigence financière. Fischer arriva, entendu, le lendemain à Reykjavik.

Après de multiples rebondissements invraissemblables, d'esclandres, d'exigences, d'absence (!), le match débuta le 11 juillet et se termina le 3 septembre par la victoire de Fischer au terme de la 20ème partie.

Robert james Fischer devenait le 11ème champion du monde d'Echecs, titre qu'il perdit lorsqu'il refusa les conditions du match en 1975 face à Anatoly Karpov

La vente des jeux d'Echecs doubla dans le monde, répandant les graines de futurs champions occidentaux. La fièvre des Echecs s'empara même des Etats-Unis. La publicité que créa Bobby pour ce macth, sa façon, appréciée ou non, de faire monter les enchères, firent de lui un millionnaire et lui gagnèrent ainsi la considération du peuple américain.

Il disparut ensuite complètement du monde échiquéen pour reparaître pour quelques matchs, notamment avec Boris Spassky, en 1992 en Yougoslavie alors en pleine guerre civile. Il redisparut ensuite.

Si Bobby avait montré qu'il était le plus fort de son temps, la grande majorité des connaisseurs, même soviétiques, le considéraient désormais comme le plus fort joueur d'Echecs de tous les temps.

Si le style de Fischer n'était pas aussi "chatoyant" que celui de Spassky, ou aussi "félin" que celui de Petrossian, les amateurs du monde entier appréciaient sa manière de conduire une partie d'Echecs. Avec Fischer on ne s'ennuie pas, le combat est lancé dès les premiers coups. Comme Alekhine, il ne cherche pas systématiquement à créer un schéma stratégique gagnant, mais il attache de l'importance à chaque coup en ce qu'il peut recéler de possibilités tactiques. Bobby se montraient très matérialiste en milieu de partie. il n'avait pas peur de se défendre après une capture de matériel.

 

 

 

Extraits tirés du livre "La fabuleuse histoire des champions d'echecs", Nicolas Giffard

 

 

Th.G 


- Par Thierry
Dimanche 30 novembre 2008

 

Les Champions du Monde Officiels FIDE


1886 - 1894 Wilhelm STEINITZ Autriche

1894 - 1921 Emanuel LASKER Allemagne
1921 - 1927 José Raul CAPABLANCA Cuba
1927 - 1935 Alexandre ALEKHINE France
1935 - 1937 Max EUWE Pays Bas
1937 - 1946 Alexandre ALEKHINE France
1946 - 1948 * Titre vacant * --
1948 - 1957 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1957 - 1958 Vassily SMYSLOV U.R.S.S
1958 - 1960 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1960 - 1961 Mikhail TAL U.R.S.S

1961 - 1963 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1963 - 1969 Tigran PETROSSIAN U.R.S.S
1969 - 1972 Boris SPASSKY U.R.S.S
1972 - 1975 Robert FISCHER U.S.A
1975 - 1985 Anatoly KARPOV U.R.S.S
1985 - 1993 Garry KASPAROV U.R.S.S / Russie
1993 - 1999 Anatoly KARPOV Russie
1999 - 2000 Alexander KHALIFMAN Russie
2000 - 2002 Viswanathan ANAND Inde
2002 - 2004 Ruslan PONOMARIOV Ukraine
2005 - 2006 Veselin TOPALOV Bulgarie
2006 - 2007 Vladimir KRAMNIK Russie
2008-..... Viswanathan Anand


10ème Champion à l'honneur

1969 - 1972 Boris SPASSKY U.R.S.S

 

 

Spassky avec Petrossian

 

 

 

Né en 1936, Spassky était sans conteste le plus doué et le plus précoce du lot des candidats 1965.

Champion du monde junior à dix-huit ans, il se qualifie dès l'année suivante pour le tournoi des candidats de 1956, et devient ainsi grand-maître à vingt ans.

Bien que son coup d'essai dans ce tournoi des Candidats ne lui permit pas d'accéder jusqu'à Botvinnik, l'opinion générale était que le jour où l'on passerait au cou de Spassky la couronne de lauriers des champions du monde n'était pas éloigné.

Puis, brusquement, on oublia Spassky. Deux phénomènes expliquent ce changement. Le premier phénomène s'appelle Mikhail Tal et son apparition fulgurante culminant dans sa victoire contre Botvinnik en 1960. A cette époque Tal monopolisait l'attention et les jeunes joueurs les plus talentueux d'Union soviétique paraissaient bien médiocres en comparaison. Mais le plus grave tenait dans le moral de Spassky, accablé, épuisé, « tué » par les défaites.

En 1958, le championnat d'U.R.S.S. tenait lieu de tournoi zonal, les quatre premiers étant qualifiés pour la suite du championnat du monde. La dernière ronde fut dramatique pour Spassky. Sa partie contre Tal revêtait une double importance car Tal devait gagner pour conserver son titre de champion d'U.R.S.S., et Spassky se devait de l'emporter pour être qualifié pour l'interzonal. Après quarante coups et cinq heures de jeu la partie fut ajournée. Boris Spassky raconte lui-même la suite dans une interview recueillie par Leonard Barden dans « Les 100 meilleures parties de Spassky »
« La partie était ajournée et j'avais une bonne position ; mais j'étais très fatigué après les analyses et revins pour jouer le lendemain matin sans être rasé. Avant de jouer des parties importantes, j'ai l'habitude. de prendre un bain, de mettre une chemise et un costume impeccables, de paraître « comme il faut » (en français dans le texte). Mais cette fois-ci, j'avais analysé sans arrêt et arrivai devant l'échiquier l'air échevelé et fatigué. Puis je me conduisis en mule entêtée. Je me souviens que Tal m'offrit la nullité et que je refusai ; je sentis mes forces décliner et je perdis le fil de la partie. Ma position se détériora et je proposai la nullité que Tal refusa. Quand j'abandonnai il y eut un tonnerre d'applaudissements, mais j'étais hébété et comprenais à peine ce qui arrivait. J'étais sûr que le monde s'écroulait, qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas du tout. Après la partie j'allai dans la rue et pleurai comme un enfant. Je me souvins qu'en 1951, quand je perdis dans une simultanée à la pendule, c'était la dernière fois que j'avais pleuré et que je m'étais promis de ne plus jamais pleurer, mais après avoir perdu contre Tal je ne pus tenir ma parole ».

  Trois années plus tard, dans le nouveau cycle de championnat du monde, les nerfs de Spassky craquèrent encore. Un match nul contre Stein à la dernière ronde de ce championnat d'U.R.S.S. lui aurait permis de terminer 4ème ex aequo et de disputer un match de barrage avec ce même Stein pour passer dans le tournoi interzonal. La partie fut ajournée dans une position supérieure pour Stein qui possédait un pion de plus. Alors que Stein était plongé dans ses analyses nocturnes pour trouver un moyen de mettre en valeur ce pion de plus, on frappa à la porte de sa chambre d'hôtel. C'était Spassky. «J'abandonne» fut sa première phrase. Par la suite Stein dut avouer qu'il n'avait pas trouvé la méthode de gain ! Alors les critiques ne manquèrent pas d'accabler Spassky, et rappelèrent ironiquement le vieux mot de Tartacover : «On n'a jamais gagné une partie en abandonnant ! »

  Spassky avait touché le fond de l'abîme et la fin de l'année 1961 le vit commencer une nouvelle ascension. Ce fut d'abord sa première et seule (Spassky n'y a pas participé souvent) victoire au championnat d'U.R.S.S.

  L'année précédente Spassky avait abandonné l'aide de Tolousch, son secondant depuis dix ans, et comme pour conjurer un mauvais sort, . . . de sa femme. Commentant son divorce, Spassky déclara : « Nous étions comme deux fous de couleur opposée ». Le partage de la première place de ce 31ème championnat d'U.R.S.S. lui donna cette place dans l'interzonal attendue depuis six ans. Que Stein le batte dans le match de barrage pour le titre n'avait plus d'importance La route vers le championnat du monde était désormais tracée.

Amsterdam fut le théâtre d'une bataille au couteau. Pour se qualifier les favoris devaient tenir bon contre la tête du tournoi et, surtout, ne pas faire de quartiers contre les mal-classés. D'autre part, un nouveau réglement stipulait que seulement trois des cinq soviétiques présents à Amsterdam pourraient participer aux matches des Candidats. Stein et Bronstein furent les victimes de ce marathon de 23 parties et échouèrent à cause de « petits » comme Quinones (Pérou) qui vinrent jouer les trouble-fête au cours de la dernière ronde C'est à Tiflis, en Georgie, que le dernier barrage se dressait devant Spassky.

  Le stratagème réussit et les trois parties où le « Gambit Marshall » fut employé se soldèrent par trois nullités. Après les sept premières parties le score était toujours égal. Il ne restait plus que cinq parties pour faire la décision. Tal crut bon à ce moment de se lancer à l'attaque, pour en finir. Le jeu se compliqua terriblement, mais c'est Spassky, plus frais, qui sortait à son avantage de ce corps à corps tactique. Perdant ainsi la huitième partie, Tal s'obstina dans la suivante, se fit contrer, et perdit encore. N'ayant plus rien à perdre, Tal sacrifia un cavalier dans la sixième partie. Sacrifice une nouvelle fois incorrect que Spassky réfuta avec beaucoup de sang-froid.
Petrossian connaissait dorénavant son challenger : Boris Spassky

  Il fut champion du monde en 1969 en battant Tigran Petrossian. Il perdit son titre en 1972 face à Bobby Fischer, l'américain. Le match des 2 blocs, alors encore en pleine guerre froide, utilisant les échecs au lieu des armes. Ce qui finalement n'est pas plus mal, hormis pour le stress des 2 joueurs.

Spassky épousa ensuite une française et vint s'installer en France. Il continua à jouer (notamment dans l'équipe de France pour les Olympiades, espèce de championnat du monde par équipe) mais avec une certaine "paresse", c'est à dire ne vouant pas toute sa vie aux échecs comme l'on fait de bien nombreux champions, et préférant préserver sa vie de famille

 

 

Extraits tirés du livre "La fabuleuse histoire des champions d'echecs", Nicolas Giffard

TH.G

 

- Par Thierry
Vendredi 28 novembre 2008

 

Les Champions du Monde Officiels FIDE


1886 - 1894 Wilhelm STEINITZ Autriche

1894 - 1921 Emanuel LASKER Allemagne
1921 - 1927 José Raul CAPABLANCA Cuba
1927 - 1935 Alexandre ALEKHINE France
1935 - 1937 Max EUWE Pays Bas
1937 - 1946 Alexandre ALEKHINE France
1946 - 1948 * Titre vacant * --
1948 - 1957 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1957 - 1958 Vassily SMYSLOV U.R.S.S
1958 - 1960 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1960 - 1961 Mikhail TAL U.R.S.S

1961 - 1963 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1963 - 1969 Tigran PETROSSIAN U.R.S.S
1969 - 1972 Boris SPASSKY U.R.S.S
1972 - 1975 Robert FISCHER U.S.A
1975 - 1985 Anatoly KARPOV U.R.S.S
1985 - 1993 Garry KASPAROV U.R.S.S / Russie
1993 - 1999 Anatoly KARPOV Russie
1999 - 2000 Alexander KHALIFMAN Russie
2000 - 2002 Viswanathan ANAND Inde
2002 - 2004 Ruslan PONOMARIOV Ukraine
2005 - 2006 Veselin TOPALOV Bulgarie
2006 - 2007 Vladimir KRAMNIK Russie
2008-..... Viswanathan Anand

1958 - 1960 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S


9ème Champion à l'honneur

 

 

Tigran avec notre prochain "champion" Boris Spassky

Une enfance difficile les années de la guerre et de privation, ont laissé des traces indélébiles sur le jeune Tigran. Ainsi, on apprend à mesurer les choses avec objectivité, à évaluer avec justesse la situation. Or, ce sont deux qualités qui ont caractérisé le 9e champion du Monde.


Né à Tbilissi en 1929, Tigran a appris les Échecs à la Maison des Pionniers, où il passait des heures à affronter ses camarades. En songes, il jouait un match imaginaire contre J.-R. Capablanca, le tenant du titre.

 

 

Clarté, précision, voir encore plus loin dans la compréhension des principes stratégiques, il va focaliser l'attention sur le fait qu'une solution logique peut être contradictoire, et donc, qu'il n'y a pas un sens unique.

Dans une position complexe, la signification de tel ou tel facteur stratégique peut varier. Il n'y a pas que la tactique qui soit dynamique, la stratégie l'est aussi, pour d'autant qu'elle comporte des plans multiples. Au juste, Tigran a démontré que la hiérarchie des facteurs stratégiques peut varier, et qu'à chaque variation, l'appréciation de la position, des plans et des idées change aussi.

Son enseignement a pointé que le dynamisme est inhérent à la stratégie et que ce processus de pensée peut être appris et maîtrisé, révélant en plein jour le caractère dialectique des Échecs. Son style était unique. Il était fondé sur une objectivité extrême, autant que sur Ie recours à la prophylaxie afin d'amoindrir le potentiel dynamique adverse, avant de passer à l'action.

Petrossian va perfectionner notamment, le principe de limitation et d'étranglement de la position, au point que son style sera décrit comme étant celui d'un« boa » (udav) !

Mais il a compris très vite que son talent ne pouvait s'épanouir pleinement en province. En 1950, il rallie Moscou, et son ascension s'accélère.

Sacré champion d'URSS en 1959, il se pare du titre de Challenger officiel en 1962, à Curaçao L'année suivante, il défie M. Botvinnik, et lui ravit la couronne mondiale (+5-2=15).

Il conserve le titre pendant 6 ans, avant de le concéder à B. Spassky, en 1969.

Petrossian était un homme simple et sympathique. Fort du soutien de son épouse il va enrichir son credo créatif, sans jamais souffrir de la terrible pression des résultats, indissociable du titre de Champion. Rona, si fidèle, va le délester de la bonne éducation des enfants, et le suivre partout en compétition. Ainsi mis en confiance, Tigrar perdit rarement.

Il a participé à 10 Olympiades, y jouant 130 parties, pour n'en perdre qu'une ! Un exploit unique ! Il faisait parfois des nulles rapides, car il ne goûtait pas au risque, ni à l'extrême tension. Mais il pouvait s'accrocher dans des positions dites « égales » et faire souffrir son adversaire des heures durant, afin de le faire craquer au moment où la nulle semblait promise.

Il avait l'oeil, et un esprit très vif, étant réputé pour être l'un des meilleur joueurs du monde en blitz... et il excellait au Tennis de Table ! Amateur de musique, il devint malheureusement, presque sourd, et dû utiliser très tôt un appareil auditif. Mais cette surdité pouvait parfois se révéler être un avantage, comme lors de son match des Candidats face à R. Hübner, en 1971

. La salle donnait sur une rue très bruyante, et Petrossian résolut le problème en débranchant son appareil. R. Hübner, quant à lui, fut si troublé qu'il abandonna ce match avant son terme. Lors d'une autre occasion, lors du tournoi de San-Antonio, en 1972, S. Gligoric lui refusa la nulle. Regrettant son geste, le GMI yougoslave voulut retourner la proposition, lorsqu'il s'aperçut que Tigran, « l'Inflexible », avait débranché son appareil. La partie se poursuivit, et 5 coups plus tard, S. Gligoric lâcha prise, puis il perdit le point et ses ultimes chances pour l'obtention d'un prix !

Mais sa santé commença à décliner. Et après trois décennies au plus niveau, cet extraordinaire champion s'éteignit en 1984. Il n'avait que 55 ans, un âge où la plupart de ses collègues étaient loin d'avoir achevé leur carrière.

Petrossian était un penseur original, et il croyait avant tout à ses propre idées.


Extraits tirés de l'article Europe-Echecs, Avril 2003, Darko Anic

 

 

Th.G


Mais Petrossian n'a pas appris les Échecs en regardant jouer les autres, comme Capablanca. Pour autant, l'amour du jeu ne l'a jamais quitté. Son premier professeur était Artchil Ebranlidze, un très bon joueur positionnel, qui lui a appris la beauté de la logique et lui a enseigné les idées novatrices de Nimzovitch, comme celles de tous les champions de ce jeu royal. «Pas de hasard, disait Ebranlidze, tout doit être logique, chaque coup doit être le meilleur I» Un enseignement que Tigran va élever au rang d'art, et qu'il défendra par écrit dans une thèse officielle bien des années plus tard. Car le « Tigre » arménien est entré dans l'histoire, non seulement pour son titre mondial (de 1963 à 1969), ou pour ses innombrables succès, mais aussi pour son apport majeur dans le développement de la pensée.
- Par Thierry
Mardi 25 novembre 2008

 

Les Champions du Monde Officiels FIDE


1886 - 1894 Wilhelm STEINITZ Autriche

1894 - 1921 Emanuel LASKER Allemagne
1921 - 1927 José Raul CAPABLANCA Cuba
1927 - 1935 Alexandre ALEKHINE France
1935 - 1937 Max EUWE Pays Bas
1937 - 1946 Alexandre ALEKHINE France
1946 - 1948 * Titre vacant * --
1948 - 1957 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1957 - 1958 Vassily SMYSLOV U.R.S.S
1958 - 1960 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1960 - 1961 Mikhail TAL U.R.S.S

1961 - 1963 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S
1963 - 1969 Tigran PETROSSIAN U.R.S.S
1969 - 1972 Boris SPASSKY U.R.S.S
1972 - 1975 Robert FISCHER U.S.A
1975 - 1985 Anatoly KARPOV U.R.S.S
1985 - 1993 Garry KASPAROV U.R.S.S / Russie
1993 - 1999 Anatoly KARPOV Russie
1999 - 2000 Alexander KHALIFMAN Russie
2000 - 2002 Viswanathan ANAND Inde
2002 - 2004 Ruslan PONOMARIOV Ukraine
2005 - 2006 Veselin TOPALOV Bulgarie
2006 - 2007 Vladimir KRAMNIK Russie
2008-..... Viswanathan Anand

1958 - 1960 Mikhail BOTVINNIK U.R.S.S


8ème Champion à l'honneur

1960 - 1961 Mikhail TAL U.R.S.S

 

 

 

 

Mikhail Tal est né le 9 Novembre 1936 à Riga. Son père, médecin de profession, eut la bonne idée de lui enseigner les principes du jeu d'échecs alors qu'il n'avait que 7 ans.

Il continua à pratiquer le jeu durant sa scolarité et fut remarqué par un « dépisteur de talents», pédagogue de surcroît, dénommé Alexandre Koblenz. Son influence sur le jeune Tal allait être déterminante pour la suite.

Joueur de première force, Koblenz vit rapidement que l'adolescent Mikhail Tal possédait de manière naturelle un style comparable au sien. Le jeune virtuose savait imprimer à ses pièces une action toujours harmonieuse, toujours coordonnée. Le jeune Tal jouait avec grande confiance, se moquait de perdre des parties du moment qu'il en gagnait toujours plus. Koblenz était impressionné aussi par la vitesse de Tal. Non seulement la vitesse à laquelle il jouait, sa rapidité de décision, mais aussi la vitesse d'action de ses forces sur l'échiquier, la vitesse de ses attaques, la vitesse de ses retournements de situation, et parfois, la vitesse de ses défaites.
Koblenz devint l'entraîneur de Tal. Il lui enseigna les principes stratégiques, la manière de conduire « positionnellement » une partie d'échecs et il eut le grand mérite de ne pas chercher à freiner ses penchants pour l'attaque. Ils jouèrent beaucoup de parties ensemble dont quelques-unes ont été conservées par Koblenz. Il y a peu de parties plus fascinantes dans l'histoire des échecs. L'imagination débordante de Tal, encore adolescent, s'y donne libre cours pour rivaliser avec les attaques généreuses de Koblenz.

Quand Koblenz lâcha son « fauve » dans l'arène des tournois, ce fut la stupéfaction pour tous les amateurs, et la peur pour tous les «grands».
Sa première grosse proie, il la dévora en 1957. Ce fut le titre si convoité de champion d'U.R.S.S. Il devança l'ultra-favori Botvinnik, mais aussi Kérès, Petrossian ou autres Bronstein.
En tant que champion d'Union Soviétique, il eut le droit, l'année suivante, de participer au tournoi « Interzonal » de Portoroz (YU) servant à désigner les prochains participants au fameux Tournoi des Candidats d'où sortira le prochain challenger de Botvinnik. La « crème » des échecs mondiaux se trouvait réunie à Portoroz, ce qui n'empêcha pas Tal de l'emporter devant la nouvelle «star» des échecs yougoslaves, Svétozar Gligoric.
Avant de tenter sa chance au Tournoi des Candidats, Tal s'amusa à remporter le championnat d'U.R.S.S. pour la deuxième fois consécutive. Le terme «s'amusa» peut paraître exagéré, mais Tal donnait réellement cette impression de jongler avec les combinaisons de l'échiquier, tentant des attaques invraisemblables que ses adversaires les plus expérimentés n'arrivaient pas à maîtriser. On s'apercevait après la partie que la combinaison de Tal n'était que du «bluff», qu'elle n'était pas correcte, que Tal aurait donc dû perdre, etc... Mais voilà, Tal revenait le lendemain, s'asseyait à la table de jeu, jouait les coups de l'ouverture à la vitesse de l'éclair, sortait ses pièces de manière à ce qu'elles visent généralement le refuge du roi adverse, son adversaire commençait à ne pas se sentir trop en sécurité, et c'est là que Tal sortait sa botte secrète sous la forme d'un sacrifice, correct ou non, mais amenant toujours une position extrêmement complexe. Ayant joué rapidement l'ouverture, Tal gardait toute son énergie pour le moment où la partie allait «exploser». Sa vision rapide des combinaisons et son habileté à tendre des pièges faisaient le reste.

  Il fallut plusieurs années avant de se rendre compte du «truc» de Tal et pour la grande majorité des amateurs de cette époque, ce qui faisait gagner Tal restait mystérieux, magique.

  On a même cru pendant un certain temps qu'il influait, par hypnotisme, sur le cerveau de ses adversaires. On avait remarqué que cet homme petit, frêle, au visage émacié et au regard perçant avait tendance à fixer son adversaire plutôt que les pièces sur l'échiquier. Pour montrer qu'une telle allégation avait cours parmi des gens sérieux, il suffit de citer l'anecdote suivante : Au cours du Tournoi des Candidats de Zagreb, Tal devait jouer ce jour-là contre le Hongrois Pal Benkô. Quand celui-ci arriva à la table de jeu il portait des lunettes de soleil, montrant ainsi sa volonté d'éviter le regard de Tal. Celui-ci sortit alors de la salle de jeu pour ne revenir qu'un quart d'heure plus tard, affublé de ce genre de lunettes de soleil grotesques que ne portent que les vieilles touristes américaines. Benkô alla sur le champ protester auprès de l'arbitre, mais ne parvint qu'à déclencher un fou-rire général chez les autres concurrents.

  A ce propos, une opinion trop généralement répandue est que les joueurs d'échecs sont tristes. En fait, la proportion des joueurs d'échecs possédant le sens de l'humour est à peu près la même que parmi tous les autres groupements humains quels qu'ils soient.

  Vint alors l'année 1959 et le fameux Tournoi des Candidats qui allait se tenir successivement dans trois villes yougoslaves : Zagreb, Bled et Belgrade. Le grand vainqueur, vous l'avez deviné, fut Mikhail Tal avec 20 pts sur 28 qui, malgré une défaite contre Kérès vers la fin du tournoi, avait pris assez d'avance et conservait 1,5 pts de plus que son second.
La victoire de Tal fut trouvée anormale par tous les autres joueurs qui attribuèrent son succès à la chance. D'après eux, Tal obtenait souvent des mauvaises positions puis gagnait miraculeusement en profitant des fautes grossières de ses adversaires. Étrangement, on jouait mal contre Tal. Une position que l'on gagnerait à 80 % contre les autres joueurs, on la gâchait contre Tal.

  Botvinnik-Tal allait être le match des contrastes.
Contraste entre les âges des protagonistes. Tal, à vingt-quatre ans, était à l'âge où la plupart des maîtres d'échecs font encore leurs dents. Botvinnik, à presque cinquante ans, semblait avoir sa carrière derrière lui. Contraste entre les modes de vie. Botvinnik était un homme ordonné dont chaque instant de la vie était organisé, programmé, calculé. La réussite de Botvinnik était le réussite du travail, de la raison, de la science, mais aussi du « système » soviétique. Tal, venu de Riga (pour la première fois depuis dix ans le championnat du- monde n'allait pas opposer deux moscovites), menait une vie comparativement marginale où les échecs,passion suprême, reprenaient leur fonction dé jeu et Tal pouvait passer des nuits entières à jouer des parties rapides contre n'importe quel adversaire, histoire de s'amuser. Non, Tal n'était pas un modèle de «sérieux». Constrate entre leurs styles. Pour Botvinnik, seule la position des pièces sur l'échiquier importait pour le choix d'un coup. Le raisonnement de Botvinnik était complètement scientifique et il ne sélectionnait un coup que s'il était certain de sa concordance avec tous les principes régissant la position donnée. Pour Tal, le raisonnement n'était que pragmatique. Il pourrait être comparé à Lasker qui aurait troqué ses ruses défensives contre des ruses offensives. L'efficacité de Tal consistait non pas à mettre l'adversaire exagérément en confiance comme le faisait Lasker, mais à le placer en situation de peur. Pour cela, un coup même objectivement mauvais pouvait faire l'affaire.
Enfin, contraste entre leurs motivations premières. Pour Tal, une partie devait être avant tout gagnée. Pour Botvinnik, elle devait surtout enrichir la théorie des échecs.
Du côté des pronostiqueurs, la balance penchait vers Botvinnik. Le plus grand nombre des soviétiques était sans doute favorable au sympathique nouveau venu, mais l'intelligentsia, c'est-à-dire les autres grandmaîtres soviétiques, pensait que Botvinnik aurait tôt fait de venir à bout de ce «joueur de café ».

Le match commença en Mars de l'année 1960. Le 7 Mai 1960, Mikhail Tal, 24 ans, fut proclamé champion du monde d'échecs.
Il était le huitième nom sur la liste prestigieuse.

  Tall tomba alors sur un Botvinnik préparé en conséquence et il se fit contrer.
Enfin, il serait injuste d'oublier un phénomène plus grave. Tal était malade. Un rein le faisait souffrir, et il dut interrompre, l'année suivante, le Tournoi des Candidats de Curaçao pour se faire hospitaliser. Il faudra attendre dix ans pour voir Tal revenir au premier plan. L'année 1972 le vit remporter, comme aux plus beaux jours, tous les tournois auxquels il participa. Avant le tournoi de Tallinn, il tint même le pari invraisemblable de sacrifier une pièce dans chaque partie qu'il jouerait. La réussite de cette gageure doit rappeler de mauvais souvenirs à Spassky qui fut une des victimes du « magicien ». Le monde des échecs subit une terrible déception quand, au tournoi Interzonal de 1973 à Leningrad, Tal perdit contre deux joueurs faibles et perdit sa chance de faire partie des Candidats au championnat du monde.

Il joua jusqu'à la fin de la vie, malgré de fréquentes maladies. Acharné, il lui arriva de jouer des parties de compétition depuis sa chambre d'hôpital.

 

 

Extraits tirés du livre "La fabuleuse histoire des champions d'echecs", Nicolas Giffard

 

 

Th.G


 

- Par Thierry

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